La diminution de la libido ou diminution de l’envie d’avoir des relations sexuelles chez les femmes après plusieurs années de vie commune et des accouchements est un problème fréquent que rencontre le gynécologue avec des estimations variant généralement de 30% à plus de 60%, selon les populations et les critères utilisés pour définir ces troubles.
Une étude menée par le « Journal of Sexual Medicine » a trouvé que la majorité des mères rapportent une baisse de la libido dans l’année suivant l’accouchement. Cette baisse était souvent liée à des facteurs physiques tels que :
- Douleurs durant les rapports sexuels (dyspareunie)
- Fatigue,
- Anxiété et dépression
Ces chiffres sont sous-évalués car la sexualité reste un tabou et beaucoup de femmes ont honte d’en parler et d’aborder le sujet. C’est un problème assez complexe et il est important d’en comprendre les multiples facettes pour pouvoir accompagner efficacement les patientes.
Facteurs qui diminuent la libido :
1. Facteurs Physiologiques
- Changements hormonaux : Après l’accouchement, les niveaux d’œstrogènes et de progestérone chutent, ce qui peut réduire la libido. La période de l’allaitement est également associée à une élévation de la prolactine, hormone qui peut supprimer le désir sexuel.
- Fatigue et récupération post-partum : La récupération après un accouchement peut être physiquement éprouvante, et la fatigue accumulée (souvent aggravée par le manque de sommeil dû aux soins du nouveau-né) peut affecter le désir sexuel.
- Modifications corporelles : Les changements physiques post-partum, comme la prise de poids et les modifications de l’image corporelle, peuvent également affecter l’estime de soi et le désir sexuel.
2. Facteurs Psychologiques
- Adaptation aux rôles parentaux : L’adaptation à la maternité et la gestion des responsabilités parentales peuvent être sources de stress et détourner l’attention des relations intimes.
- Dynamiques relationnelles : Après quelques années, la routine et la monotonie peuvent s’installer dans la vie de couple, réduisant parfois la spontanéité et l’attrait sexuel.
- Santé mentale : Des problèmes tels que la dépression post-partum ou l’anxiété peuvent grandement diminuer l’intérêt pour l’activité sexuelle.
3. Facteurs Relationnels
- Communication avec le partenaire : La qualité de la communication dans le couple est cruciale. Les malentendus ou conflits non résolus peuvent mener à une diminution de l’intimité et de la libido.
- Partage des responsabilités : Une répartition inégale des tâches domestiques et des soins aux enfants peut entraîner des ressentiments et une fatigue accrue, réduisant l’intérêt pour les activités sexuelles.
Quelles solutions peuvent être proposées ?
1. Approches de Gestion
- Dialogue ouvert : Encourager les discussions ouvertes et honnêtes entre partenaires sur leurs besoins et leurs attentes peut aider à rétablir l’intimité.
- Consultation gynécologique : pour évaluer des déséquilibres hormonaux ou autres problèmes médicaux pouvant affecter la libido.
- Gestion du stress et auto-soins : Techniques de relaxation, exercices physiques réguliers et une alimentation équilibrée peuvent améliorer l’état général et la libido.
- Thérapie de couple ou sexothérapie : Ces interventions peuvent aider à résoudre les problèmes sous-jacents dans la dynamique du couple et à améliorer la communication.
2. Sexothérapie
Objectifs
- Aborder les problèmes sexuels : directement centrée sur les aspects sexuels de la relation, cette thérapie vise à traiter les dysfonctions sexuelles spécifiques, comme la baisse de libido.
- Éducation sexuelle : fournir des informations précises sur la sexualité humaine, les réponses sexuelles et les méthodes d’amélioration du plaisir.
- Modification des comportements : aider à modifier les comportements ou les croyances qui contribuent à la baisse de la libido.
Techniques
- Thérapie comportementale : Des techniques comme la désensibilisation systématique pour réduire l’anxiété liée à l’activité sexuelle.
- Techniques de focalisation sensorielle (Sensate Focus) : des exercices conçus pour augmenter la conscience et le plaisir des sensations physiques, souvent en diminuant la pression liée à la performance sexuelle.
- Counseling individuel : discussion des facteurs personnels, comme l’histoire sexuelle et les traumas, qui pourraient influencer la libido.
3. Thérapie de couple
Après des années de vie commune et des accouchements cette thérapie offre un espace sécurisé pour explorer les aspects émotionnels, relationnels et physiques de la sexualité.
Objectifs
- Améliorer la communication : Cette thérapie aide les couples à mieux communiquer leurs besoins, désirs, et frustrations de manière constructive sans jugement ni culpabilité.
- Résoudre les conflits : Elle aide à identifier et résoudre les conflits qui peuvent affecter la relation et par extension, la vie sexuelle.
- Renforcer l’intimité : L’objectif est aussi de développer des stratégies pour renforcer l’intimité émotionnelle et physique, crucial pour une vie sexuelle épanouie.
Techniques
- Dialogues structurés : Encourager les partenaires à parler ouvertement de leurs attentes et de leurs expériences sexuelles.
- Exercices à domicile : Des exercices conçus pour augmenter l’intimité, comme des rendez-vous réguliers, des moments de non-interruption ou des jeux de rôles.
- Gestion de conflit : Utilisation de techniques comme l’écoute active pour aider les partenaires à comprendre et à respecter les points de vue de l’autre.
4. Comment Choisir entre sexothérapie et thérapie de couple ?
- Évaluation des besoins : Selon si les problèmes sont principalement relationnels ou spécifiquement sexuels, l’un ou l’autre type de thérapie peut être recommandé.
- Approche combinée : Parfois, une combinaison des deux thérapies est la meilleure solution, surtout si les problèmes relationnels et sexuels sont entrelacés.
- Préférences du couple : Choisir une thérapie en fonction du degré de confort et de la préférence des partenaires pour discuter des problèmes intimes avec un professionnel.
Recommander l’une ou l’autre de ces thérapies dépendra de la situation spécifique de la patiente et de son partenaire, de leurs objectifs thérapeutiques et de la dynamique de leur relation.


Merci beaucoup , c’est très intéressant.